Agen. 3ème édition des Rencontres philosophiques Michel Serres
La troisième édition des Rencontres Philosophiques Michel Serres, grande fête populaire des Savoirs, organisée par l’association « Les Amis Agenais de Michel Serres », présidée par l’essayiste David Djaïz se déroulera du 10 au 12 novembre prochains en poursuivant l’objectif de faire vivre la mémoire de Michel Serres en croisant les discours de philosophes, médecins, chercheurs, journalistes… tenteront d’éclairer le public sur la façon dont les nouvelles technologies ont influencé nos manières de vivre avec un objectif unique : faire vivre la mémoire de Michel Serres.
« À l’heure de l’Intelligence Artificielle, qu’est devenue Petite Poucette », cette enfant du numérique ou « digital natives », adressant avec agilité des messages électroniques avec son pouce, réinventant une nouvelle façon de vivre à travers de nouvelles technologies en utilisant de manière intensive la téléphonie mobile, les ordinateurs, les réseaux sociaux, les jeux vidéo… C’est à cette question que les intervenants, issus des sciences, des arts, de la philosophie, tenteront de répondre, à l’heure où « les nouvelles technologies redessinent notre réalité » comme l’a souligné David Djaïz, président de l’association « Les Amis Agenais de Michel Serres ».
« Ce programme est en phase avec de nouveaux défis » s’est réjoui Jean Dionis, maire d’Agen. Après avoir accueilli 6 000 et 8 000 personnes lors de la première et de la seconde éditions (« Le Savoir rend libre » en 2021 et « Demain notre Terre » en 2022) « l’enjeu est d’ancrer le festival dans le paysage Agenais, confie David Djaïz. Nous nous sommes fixés un objectif à 10 000 personnes ». Ces rencontres ont vocation à avoir, à moyen terme, une portée nationale, voire internationale car « nous avons le courage d’aborder les sujets les plus compliqués » a déclaré Pierre Chollet, membre de l’association « Les Amis Agenais de Michel Serres ».
Un renforcement des scolaires
La conférence d’ouverture intitulée « Qu’est devenue Petite Poucette ? » présentée par Cynthia Fleury et Maurizio Ferraris, vendredi 10 novembre de 17 heures à 19 heures, mettra l’accent sur le devenir de cette désormais quasi trentenaire, à l’heure de la grande révolution du numérique de l’Internet et de l’Intelligence artificielle, après l’invention de l’écrit il y a 5 000 ans et de l’imprimerie il y a cinq siècles. « Est-elle heureuse, curieuse, inquiète ?, se demandent Martin Legros et Sven Oroli, commissaires du festival. Que peut-elle espérer ? Que doit-elle redouter ? » En amont du festival, des ateliers, des cinés-philo et des masterclass sont proposés à 1 600 élèves du CP à la terminale pour aborder la philosophie de manière ludique, s’interroger sur la révolution en cours et les progrès fulgurants de l’intelligence artificielle puisque cette révolution ne se fera pas sans la jeunesse. Cette conférence sera suivie par « L’homme qui a volé le langage », un spectacle de Pascal Chabot présenté de 19 heures à 20 heures.

La face sombre du nouveau monde numérique
Cette transformation gigantesque se heurtera à des problématiques de désinformation, de fake-news et de bulles sociales. David Pujadas, ancien présentateur vedette du JT de TF1 de 1989 à 2001 puis de France 2 de 2001 à 2017, évoquera la façon dont le numérique a changé son métier en animant « l’information à l’âge des fake news » samedi 11 novembre à 15 h 45 au théâtre Ducourneau à l’heure où ChatGPT révolutionne le contenu d’une information, pouvant la manipuler grâce à des méthodes sophistiquées. Démêler le faux du vrai devient un exercice parfois périlleux à « pratiquer » ! D’autres questionnements surgissent : les robots vont-ils prendre le pas sur l’homme et supprimer des emplois ? Déshumaniser le monde ? Sommes-nous irremplaçables ? Comment ne pas tomber dans le piège des addictions au numérique ? Quid de l’apprentissage et de l’éducation à l’ère du numérique ? L’Intelligence artificielle fascine et inquiète à la fois. Et si la révolution des machines, finissait par nous atteindre de plein fouet ?
Avec son regard toujours bienveillant porté sur le monde, Michel Serres se refusait à penser que cette troisième révolution ne le changerait pas en mieux. Pour tendre vers un « bien-être numérique », Marie-Pierre Fourquet Courbet, professeure des universités en sciences de l’information et de la communication, estime d’ailleurs qu’ « il faut développer notre intelligence numérique, c’est-à-dire notre capacité à comprendre et à nous adapter aux écrans, à les utiliser à meilleur escient pour en tirer tous les éléments positifs. »
Programmation détaillée des Rencontres philosophiques Michel Serres → https://rencontresmichelserresagen.com/programmation/
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