Santé

« Il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer ! »

Infirmières et bénévoles devant le Secours Tour installé au Gravier le temps d’une journée. © Véronique David

2ème édition du Secours Tour, campagne préventive de cardiologie

Une campagne de prévention gratuite « conduite » par des professionnels de la santé à bord d’un bus rouge du Secours Tour, a fait escale au Péristyle du Gravier d’Agen mardi 26 juin, en présence de Nadège Lauzzana, adjointe déléguée à la Santé, afin de sensibiliser le grand public à la prévention des risques cardiovasculaires et aux gestes de premiers secours.

« L’Agglomération d’Agen s’engage sur tous les messages de prévention de santé publique, a rappelé Nadège Lauzzana. Cela nous semblait donc logique d’être ville-étape pour le Secours tour, en collaboration avec le Centre hospitalier Agen-Nérac ».

Nadège Lauzzana, adjointe déléguée à la Santé, très investie, dans toutes les formes de prévention liées à la santé, parmi lesquels les risques de maladies cardiovasculaires. © Véronique David

Hypertension artérielle, surpoids, tabagisme, diabète, obésité, dyslipidémies… autant de facteurs de risques cardiovasculaires responsables chaque année de 50 000 morts subites qui seraient évitables s’ils étaient contrôlés.

En montant dans le bus, les visiteurs ont été accueillis par un bénévole qui leur a proposé un questionnaire afin d’évaluer les facteurs de risques d’être touché par un problème cardiovasculaire avec un temps d’échange et d’information, suivi d’une prise de tension.

 

15 millions de personnes en France sont hypertendues, soit 30 % des adultes et 50 % des personnes âgées de plus de 65 ans. 140/90 (en cabinet médical) est la valeur limite au-delà de laquelle on parle d’hypertension artérielle ou de 135/85 lors d’une automesure ou d’une Mapa.

Afin de réduire une pression artérielle trop élevée, des conseils d’hygiène de vie sont préconisés : manger cinq fruits et légumes par jour, du poisson deux ou trois fois par semaine, éviter les matières grasses d’origine animale, pratiquer 30 minutes minimum par jour d’activité physique au moins trois fois par semaine, limiter sa consommation de sel, ne pas fumer, ne pas dépasser 10 verres d’alcool par semaine, réduire le stress, se coucher à heures régulières, rire au moins une fois par jour, déguster un carré de chocolat noir par jour et tisser du lien social.

Stand des infirmières tabacologues de l’unité de coordination de tabacologie du centre hospitalier Agen-Nérac. © Véronique David

Le tabac, sans moi 

Le tabagisme est aussi l’un des principaux ennemis du cœur : il entraîne l’inflammation des vaisseaux sanguins, et provoque la formation de caillots, réduit le bon taux de cholestérol, occasionne de l’hypertension artérielle… Selon une étude de Santé publique France publiée en mai dernier, plus de 25 % des personnes âgées entre 18 et 75 ans fument quotidiennement.  « Nous faisons des consultations à l’hôpital tous les jours de 9 heures à 16 heures, indique l’une des infirmières de l’unité de coordination de tabacologie du centre hospitalier Agen-Nérac, placée sous la responsabilité du docteur Pierre Chollet. L’objectif est de faire un état des lieux de la consommation de tabac et, à l’issue de cette consultation, proposer des traitements de substitution nicotinique (patchs, pastilles…). De 15 à 88 ans, il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer ! Nous intervenons également dans les services de l’hôpital. Certains patients sont à un tournant de leur vie. Il n’y a pas forcément de problème de santé lié au tabac, mais un aspect financier. » En effet, selon la Fédération Française de cardiologie, le fait d’arrêter de fumer engendre une économie de 300 euros par mois pour 20 cigarettes quotidiennes, soit 3 600 euros par an ! Les bénéfices pour la santé sont multiples lorsque l’on décide d’arrêter de fumer, à commencer par le fait de réduire d’au moins 50 % le fait d’être victime d’un infarctus. (Source : www.fedecardio.org/je-m-informe/les-benefices-immediats-de-l-arret-du-tabac). Un analyseur de CO a permis aux visiteurs qui le souhaitaient de mesurer le taux de monoxyde de carbone dans l’air rejeté en fin d’expiration.

Sur ce stand, les visiteurs pouvaient mesurer leur taux de glycémie et s’informer sur les risques de développer un diabète et l’importance de la prévention. © Véronique David

Dépister le diabète

Les visiteurs avaient aussi la possibilité de tester leur glycémie, même s’ils n’étaient pas à jeun. La glycémie normale à jeun se situe entre 0,70 g/l à 1,10 g/l. Les valeurs d’une personne en « pré-diabète » oscilleront entre 1,10 g/l et 1,26 g/L. Au-delà de 1,26 g/l à deux reprises ou d’une glycémie à n’importe quel moment de la journée supérieure à 2g/l à deux reprises, on peut parler de diabète. Attention cependant, car un événement stressant peut faire grimper le taux de glycémie sans qu’il y ait pour autant un diabète avéré. Avant de poser tout diagnostic, il convient de vérifier toutes les composantes d’une personne. Bien entendu, tout passe par la prévention (mieux vaut prévenir que guérir !) en adoptant une alimentation riche en fruits et légumes, en poisson, mais pauvre en graisses saturées que l’on retrouve dans les fritures, les sauces, la charcuterie, le fromage gras, les viandes grasses, les pâtisseries… en associant des féculents (riz, pâtes, pommes de terre) avec des légumes et bien sûr, en réduisant sa consommation d’alcool !

Atelier des gestes de premiers secours axé sur le massage cardiaque et l’utilisation d’un défibrillateur. © Véronique David

Alerter – Masser – Défibriller

5%. C’est le taux de survie post arrêt cardiaque, l’un des plus faibles d’Europe, car les citoyens sont peu formés aux gestes de premiers secours, contrairement à nos voisins scandinaves.

Un atelier de geste d’urgences était animé, le 26 juin au Gravier, pour apprendre aux visiteurs les gestes salvateurs.

Lorsque l’on se retrouve face à un arrêt cardiaque, le temps est précieux et l’heure n’est pas à la panique. Le premier geste consiste à appeler les secours : le 15 (Samu), le 18 (les pompiers), le 112 (l’appel d’urgence européen) ou le 114 (pour les personnes sourdes ou malentendantes). Il faudra décrire ce que l’on a vu et donner l’état de la victime (consciente/inconsciente, respire/ne respire pas…), communiquer l’adresser du lieu où se situe la victime, détailler ce qui a déjà été fait et ne pas raccrocher avant que l’interlocuteur ne le décide.

Il faut commencer le massage cardiaque si cela n’a pas été fait avant l’appel, ce qui permettra de relancer la circulation sanguine et l’oxygénation des cellules, car au-delà de cinq minutes d’arrêt du cœur, les lésions cérébrales s’avèrent irréversibles. Il convient, pour cela, d’allonger la victime sur une surface dure, de se mettre à genoux contre la victime sur le côté, de positionner ses deux mains l’une sur l’autre, entre les deux seins en tendant bien les bras, d’exercer des pressions fortes en enfonçant les mains de 5 à 6 centimètres dans la poitrine en prenant soin de remonter les mains entre chaque pression (environ 2 par secondes) afin de faire circuler le sang environ. Si le sauveteur dispose d’un défibrillateur automatisé externe, il pourra l’utiliser au bout de deux minutes de massage.

« Secours Tour » complète l’engagement de mandat n° 23 « Encourager les formations premiers secours d’urgence des citoyens ». En effet, depuis octobre 2023, la municipalité sensibilise activement les habitants, les travailleurs, les acteurs associatifs, les commerçants, les étudiants… aux gestes de premiers secours. La Ville d’Agen a mis en place des initiations gratuites et ludiques, d’une durée de deux heures, afin de donner à chacun les moyens d’être en mesure de réagir face à un accident de la vie quotidienne ou d’évènements tragiques exceptionnels (attentats, accidents…). Ces initiations ont démarré le 2 octobre 2023 et se poursuivront jusqu’à la fin du mandat en 2026. 38 sessions ont été dispensées, à ce jour, auprès de 257 personnes.

Informations pratiques

Pour un suivi téléphonique avec un tabacologue, contactez le 39 89 ou le centre hospitalier Agen-Nérac → https://www.ch-agen-nerac.fr/les-patients-visiteurs/service- offre_soin_service_ tabagique.

Véronique David

Journaliste
Après un diplôme de psychologie et un DU de Japonais, j’ai préparé un diplôme de Naturopathie-homéopathie avec la faculté Libre de Médecine Naturelle et d’Ethnomédecine de Paris XV ainsi qu’une formation de correctrice avec le Centre d’Écriture et de Communication de Paris V qui m’a aussi formée aux techniques journalistiques. Dans le même temps, j’ai rédigé des articles pour différents journaux et administrations (Mairie d'Agen, Conseil départemental de Lot-et-Garonne, Actif Formation...). J’ai aussi travaillé au sein de divers organismes (Caf, Pôle Emploi, ODAC, MEDEF, ENAP…) dans le domaine du secrétariat et préparé une formation de praticienne en coaching de Vie. Dans un tout autre domaine, je suis officier de réserve citoyenne dans l’Armée de Terre depuis une dizaine d’années. J’ai appris au fil du temps que « toutes les batailles de la vie nous enseignent quelque chose, même celles que nous perdons » (Paulo Coelho). Rêvons en grand, soyons audacieux et bâtissons l’impossible !

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