Sécurité

Les « sentinelles de l’oubli »

Défilé toujours très suivi des militaires du 48e RT. © Véronique David

Cérémonie commémorative du 105ᵉ anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918 et de l’hommage à tous les Morts pour la France

Une prise d’armes s’est déroulée au monument aux morts place Armand Fallières, le 11 novembre dernier, à l’occasion du 105ᵉ anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918 et de l’hommage à tous les Morts pour la France. Cette année revêt un caractère spécial puisqu’elle marque les 100 ans de la flamme du soldat inconnu. Cette cérémonie commémorative fut placée sous l’autorité du colonel Karim Benamer, commandant le 48ᵉ régiment de Transmissions et fut présidée par Daniel Barnier, préfet de Lot-et-Garonne, en présence, notamment, d’autorités civiles et militaires et des jeunes stagiaires de la Préparation Militaire Marine d’Agen.

Revue des troupes par le colonel Karim Benamer, chef de corps du 48ᵉ RT. © Véronique David

 

Après la revue des troupes par le colonel Karim Benamer, chef de corps du 48ᵉ RT, le salut au drapeau par le représentant de l’Etat et le chant de La Marseillaise, Sandrine Bru, directrice de l’Office National des Anciens combattants et Victimes de Guerre, a donné lecture de « l’histoire de la flamme de la Nation » tandis qu’une lanterne bleue ayant recueilli la flamme du soldat inconnu, mise à disposition par l’ONACVG, fut déposée sur le monument aux Morts, en amont de la cérémonie :

Sandrine Bru, directrice de l’ONACVG 47 a donné lecture de « l’histoire de la flamme de la Nation ». © Véronique David

 

« Le 11 novembre 2023, nous célébrons le centenaire de l’allumage de la flamme sous l’arc de triomphe sur la tombe du soldat inconnu.

 Pour marquer ce moment de notre mémoire nationale, l’association « La flamme sous l’Arc de triomphe, flamme de la nation » et l’office national des combattants et des victimes de guerre se sont associées pour que cette flamme du souvenir brille partout en France.

 La Flamme qui brûle devant nous a été prise sous l’Arc de triomphe le 12 octobre 2023.

 Le 11 novembre 1920, le corps du soldat français inconnu, tombé au champ d’honneur de la première guerre mondiale, est solennellement honoré sous l’Arc de triomphe avant d’y être inhumé le 28 janvier 1921.

 Le 11 novembre 1923, afin que soit perpétué le souvenir de ce soldat et rappelé la valeur du sacrifice, il est décidé qu’une flamme brillerait en permanence au-dessus de sa tombe.

 C’est André Maginot, ministre de la Guerre des pensions, qui allume la flamme le 11 novembre 1923. Depuis cette date, elle est ravivée chaque soir.

 Cette flamme nous rappelle le sacrifice consenti durant la première guerre mondiale, 1 400 000 soldats tués au combat.

 A ces morts, il faut ajouter ceux de la Seconde guerre mondiale, ceux des guerres d’Indochine, d’Algérie et ceux des opérations extérieures.

 Il convient d’y associer les soldats blessés, les veuves, les orphelins et les citoyens éprouvés.

 La flamme de la nation nous rappelle que nous sommes les héritiers du sacrifice et de l’héroïsme de nos combattants d’hier.

 Elle doit nous inspirer également la reconnaissance à l’égard des soldats qui, aujourd’hui comme hier, servent la France au péril de leur vie ».

Une jeune fille, accompagnée par Gabriel Pichon, président de l’Union départementale des anciens combattants, a délivré, à son tour, le message associatif. Daniel Barnier, préfet de Lot-et-Garonne, a donné lecture du message de Sébastien Lecornu, ministre des Armées et Patricia Mirallès, secrétaire d’Etat auprès du ministre des Armées, chargée des anciens combattants et de la Mémoire :

« Le 11 novembre 1923, cela fait cinq ans déjà que, dans la clairière de Rethondes, le maréchal Foch a apposé sa signature sur la convention d’armistice.

 Cinq ans déjà que Clemenceau a présenté l’armistice à la Chambre des députés, saluant l’Alsace et la Lorraine retrouvées, honorant « nos grands morts qui ont fait cette victoire ». Et dans cette heure terrible, à l’appel du carillon des églises et des beffrois, dans le silence des canons qui se sont tus, coulent à travers tout le pays des larmes de soulagement et de fierté.

Le 11 novembre 1923, cela fait cinq ans que les blessures cicatrisent lentement. Sur les visages des gueules cassées. Dans le cœur des veuves. Dans la solitude des orphelins.

Devant les tombes ouvertes pour un fils ou un père. Au pied des monuments aux morts dont s’est couvert le pays. Les Français sont devenus des sentinelles de l’oubli.

Le 11 novembre n’est plus seulement une date. C’est devenu le rassemblement de tous les Français.

C’est le 11 novembre 1920, quand le soldat inconnu est porté sous l’Arc de Triomphe, pour ne jamais oublier le prix de la Victoire.

C’est le 11 novembre 1923, quand André Maginot allume la Flamme, présence vivante du souvenir des morts. Une flamme qui ne s’est plus jamais éteinte depuis.

C’est le 11 novembre 1940, quand, dans le désarroi des consciences, les lycéens et les étudiants de Paris font de la flamme un symbole de résistance. Quand chez nos compatriotes alsaciens et mosellans, coupés de leur Patrie, la résistance s’organise.

C’est le 11 novembre 1943, quand les résistants de l’Ain devancent la Libération en défilant dans Oyonnax.

C’est aussi le 11 novembre 1944, quand la France retrouve le droit de célébrer la victoire.

 Alors, face aux noms inscrits sur les monuments devant lesquels nous sommes rassemblés, nous nous souvenons de tous les morts pour la France qui trouvent le repos dans nos mémoires reconnaissantes.

 Nous nous souvenons de ceux de 14, de ceux de 40 et de 44, de ceux de 1954 et de 1962, de ceux de 1983 ou de 2008 et de tous les autres. Nous nous souvenons de l’adjudant-chef Nicolas Latourte, du sergent-chef Baptiste Gauchot et du sergent-chef Nicolas Mazier, tous trois morts pour la France en 2023.

Le 11 novembre est dédié à tous ceux qui sont tombés pour défendre notre Nation, notre liberté, nos valeurs, sur notre sol comme en opération extérieure.

Ils ont des droits sur nous, comme nous avons des devoirs à leur égard. Alors portons lucidement leur héritage. Car c’est en honorant leur sacrifice que se construit l’avenir

de notre Nation, sans jamais douter de notre capacité à nous relever des plus grands périls.

Et portons fièrement le Bleuet de France, cette fleur dont l’éclosion ramenait la vie sur la terre déchirée des champs de bataille, qui désormais honore les morts et soutient ceux qui restent.

 Aujourd’hui, la flamme brille sous l’Arc de Triomphe depuis 100 ans durant lesquels les Français n’ont jamais cessé de clamer :

 Vive la République ! Et vive la France ! »

Dépôt de trois bouquets par trois élèves des classes de primaire de cycle 3 des écoles Joseph Bara et Paul Bert. © Véronique David

 

Dépôt de gerbes par Jean-Jacques Beguer, délégué général du Souvenir Français du Lot-et-Garonne et Jean-Claude Fagot, président du comité d’Agen de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc, Tunisie. © Véronique David

 

Trois élèves des classes de primaire de cycle 3 des écoles Joseph Bara et Paul Bert ont déposé trois bouquets sur le monument aux Morts en amont du dépôt de gerbes par les autorités : Jean-Jacques Beguer, délégué général du Souvenir Français du Lot-et-Garonne et Jean-Claude Fagot, président du comité d’Agen de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc, Tunisie ; Max Galinié, Président du Comité d’Entente des Anciens Combattants de l’Agenais ; le colonel Karim Benamer, chef de corps du 48ᵉ RT ; Françoise Laurent, représentant Sophie Borderie, présidente du conseil départemental de Lot-et-Garonne ; Jean Dionis du Séjour, maire d’Agen ; Béatrice Lavit, représentant Michel Masset, sénateur de Lot-et-Garonne ; Christine Bonfanti-Dossat, sénatrice de Lot-et-Garonne ; Chantal Borderie représentant Michel Lauzzana, député de la 1ʳᵉ circonscription Agen-Nérac et Daniel Barnier, préfet de Lot-et-Garonne. 

Ravivage de la flamme par Daniel Barnier, préfet de Lot-et-Garonne. © Véronique David

 

S’ensuivit le ravivage de la flamme par le préfet, la sonnerie aux morts, une minute de silence puis trois classes de primaire de cycle 3 des écoles Joseph Bara et de Paul Bert ont entonné La Marseillaise avant le traditionnel défilé du 48ᵉ RT au son du « Te Sitima », chant wallisien militaire. La flamme du Souvenir continuera de briller éternellement dans nos cœurs…

Les porte-drapeaux Raphaël et Joshua de lac lasse de 3ᵉ CDSG de l’institution La Salle Félix-Aunac, fiers de porter haut les couleurs de la nation et de participer au devoir de Mémoire. © Véronique David
Véronique David

Journaliste
Après un diplôme de psychologie et un DU de Japonais, j’ai préparé un diplôme de Naturopathie-homéopathie avec la faculté Libre de Médecine Naturelle et d’Ethnomédecine de Paris XV ainsi qu’une formation de correctrice avec le Centre d’Écriture et de Communication de Paris V qui m’a aussi formée aux techniques journalistiques. Dans le même temps, j’ai rédigé des articles pour différents journaux et administrations (Mairie d'Agen, Conseil départemental de Lot-et-Garonne, Actif Formation...). J’ai aussi travaillé au sein de divers organismes (Caf, Pôle Emploi, ODAC, MEDEF, ENAP…) dans le domaine du secrétariat et préparé une formation de praticienne en coaching de Vie. Dans un tout autre domaine, je suis officier de réserve citoyenne dans l’Armée de Terre depuis une dizaine d’années. J’ai appris au fil du temps que « toutes les batailles de la vie nous enseignent quelque chose, même celles que nous perdons » (Paulo Coelho). Rêvons en grand, soyons audacieux et bâtissons l’impossible !

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