Culture / Loisirs

Nuit magique… au musée des Beaux-Arts d’Agen !

De gauche à droite : Adrien Enfedaque (conservateur du musée d’Agen), Marie-Claude Iachemet (adjointe au maire, déléguée à la culture), Nina Mercier de Sainte-Croix (directrice de l’Action culturelle), Julien Darme (médiateur culturel en charge des publics scolaires et familles), Julie Martin (une jeune stagiaire), Laura Molina (en charge de la valorisation des collections et de la communication) et Nathalie Lacroix (médiatrice et responsable du public adulte et étudiant). © Véronique David

20ème Nuit Européennes des musées

À vingt ans, comme une fleur au stade de l’éclosion, la Nuit Européennes des musées, parée de ses plus beaux atours, se veut épanouissante et rayonnante. Samedi 18 mai, le musée des Beaux-Arts d’Agen (parmi les 3 000 musées nationaux participant à cette festivité culturelle nocturne) ouvrira gratuitement ses portes jusqu’à minuit pour charmer ses visiteurs chaque année de plus en plus nombreux. Vous étiez 700  l’an passé. Et cette année ?

« Je suis fait de cire ; et vous, de quoi êtes-vous fait ? »* Ne vous attendez pas à entendre ce genre de réplique samedi soir dans les salles du musée des Beaux-Arts d’Agen, mais la force de cet événement nocturne réside dans le fait de découvrir les trésors muséaux sous une toute nouvelle dimension, d’allumer les étoiles de son âme, de laisser les œuvres venir vous chanter une douce mélodie et toucher votre cœur, le faire vibrer… C’est beau, un musée la nuit… et il va bien falloir en profiter car « il s’agit peut-être de la dernière nuit au musée des Beaux-Arts, car l’année prochaine, à la même époque, il aura commencé sa mue, annonce Adrien Enfedaque, conservateur du musée d’Agen. Cette nuit des musées est une manière de faire connaître différemment le lieu à tous ceux qui n’osent pas pousser la porte en temps normal. Un musée n’est plus un lieu où le silence était de mise, où l’on entrait comme dans un temple, un lieu sacré. Le musée est devenu un lieu de vie, de convivialité. C’est un lieu où l’on se renouvelle, où l’on nous pousse dans nos retranchements, un lieu où l’on dialogue avec les œuvres … »

L’hybridation comme thématique

La section sportive danse du collège Félix-Aunac se produira de 20 h 30 à 20 h 35 puis de 22 h 40 à 22 h 45 salle Idrac du 1ᵉʳ étage, sous l’égide de Morgane Orliac via deux performances évoquant l’hybridation. Les danseurs s’inspireront des gravures réalisées par les élèves du collège Paul Dangla.

De 20 h 40 à 21 heures, toujours salle Idrac, les élèves du collège Paul Dangla présenteront leurs travaux intitulés « Êtres hybrides, gravures inspirées de l’œuvre des Lalanne », dans le cadre du dispositif « La classe, l’œuvre ! », inspirés de l’univers poétique et surréaliste de Claude et François Xavier Lalanne.

C’est en 2013 que les ministères de la Culture et de l’Éducation nationale ont donné vie au dispositif « La classe, l’œuvre ! » en vue de mettre en lumière les collections patrimoniales auprès des scolaires (du primaire au lycée)  et du personnel enseignant. Lors de la Nuit européenne des musées, les jeunes deviennent des « passeurs de culture » auprès du public et de leurs proches après un cheminement décliné en trois étapes : l’étude d’œuvres muséales durant l’année scolaire, le fait d’imaginer des productions liées aux œuvres et de concevoir une médiation des œuvres étudiées pour cet événement nocturne.

Ce projet a permis au groupe « Gravures » de Paul-Dangla de s’initier à différentes techniques de gravures sous le regard avisé de Vanessa Fernandez, leur professeur d’arts plastiques. Les élèves se sont rendus une première fois au musée d’Agen afin de découvrir les œuvres des Lalanne, sous l’égide de Julien Darme, médiateur culturel en charge des publics scolaires et familles. À partir du célèbre « Choupatte » de Claude Lalanne, les élèves ont réalisé des croisements d’animaux et de végétaux (comme une méduse et un parapluie) en taille d’épargne sur polystyrène (les parties creuses de la surface ne sont pas encrées contrairement à ce qui est laissé en relief). Inspirés par le « poisson pluie » de François-Xavier Lalanne, les élèves ont gravé en taille douce (des creux sont créés sur la plaque de métal qui sera recouverte d’encre ; celle-ci se déposera dans les creux).

Lors de leur seconde visite muséale, les élèves se sont inspirés de gravures sorties des réserves parmi lesquelles des « Polymorphoses » de François-Xavier Lalanne et un « Rhinocéros » d’Albrecht Dürer ainsi que d’œuvres illustrant des « Métamorphoses » d’Ovide pour réaliser des gravures sur emballages (lait, jus de fruit) et linoléum (revêtement de sol) sur le thème de la transformation animale et humaine.

Ce projet d’hybridation pourra être admiré tout au long de la soirée.

Sortir les princesses et comtesse de leur cadre

Toujours dans le cadre du dispositif « La classe, l’œuvre !), les élèves de Première Métiers de la Coiffure et Première Esthétique du lycée Antoine Lomet dirigé par Katia Joyeux ont travaillé, sous l’égide de Nathalie Lacroix, médiatrice et responsable du public adulte et étudiant, sur la réinterprétation de trois œuvres picturales de François-Hubert Drouais : « Mme Sophie, fille de Louis XV », « Mme Du Barry en flore » et « Mme Victoire, fille de Louis XV ».

En tout premier lieu, les élèves issus de ces classes ont assisté à une visite guidée du musée des Beaux-Arts, animée par Nathalie Lacroix, sur le thème de la coiffure et du maquillage du XVIIIe siècle avec une présentation de quelques costumes de l’époque.

À partir de l’observation des œuvres et de l’analyse des caractéristiques de la coiffure du XVIIIe siècle, les élèves de la classe d’arts appliqués de Céline Remont ont effectué un travail graphique de face, de dos et de profil de la coiffure de chaque modèle peint.

Après ce travail graphique, trois perruques ont été réalisées en papier de soie, en résonance avec les trois œuvres précitées. Chaque perruque a été confectionnée sur une coque en carton. Christine Abad a aidé les élèves à la réalisation ainsi qu’à la torsade des cheveux, positionnés ensuite sur la coque en carton. La plasticienne Inge Zorn Gauthier a prodigué ses conseils dans la confection des perruques. Le tout fut orné de fleurs, en écho avec les trois œuvres picturales de François-Hubert Drouais.

Trois hauts de robe du XVIIIe siècle ont été confectionnés, toujours en rapport avec les œuvres.  Une recherche chromatique liée aux costumes a été effectuée en vue de peindre des surfaces de papier de soie. Les papiers ont ensuite été solidarisés (assemblés) avec du non-tissé (textile dont les fibres sont aléatoirement disposées au moment de sa fabrication) pour les solidifier. Les patrons des hauts de robe ont été découpés puis cousus (ou collés) avec l’aide de Nadine Figuès, couturière. L’ensemble fut agrémenté de fleurs et de falbalas (bandes d’étoffe ornant le bas d’un vêtement) découpés dans des gammes colorées.

Afin de réaliser des tableaux vivants, trois élèves de la classe de Première des métiers de la Coiffure (Julie, Justine et Barbara) ont accepté de porter des perruques ainsi que des hauts de robes en papier et d’être maquillées selon les codes du VIIIe siècle. Les photographes professionnels qui ont effectué les prises de vue des trois jeunes filles ont tenu compte des poses, des éclairages, des expressions… de l’époque.

Kill Keny en triple concert

Après trois ans d’absence, Esther, Sandrine, Jean-Marie, Dominique, Christophe et Philippe réinvestissent la cour Vergès (ou la salle Goya en cas de pluie) où ils se produiront à trois reprises :  de 21 heures à 21 h 30, de 22 heures à 22 h 30 et de 23 heures à 23 h 30. La musique anglo-saxonne sera à l’honneur avec Tina Turner, Bruno Mars, Maroon Five, Amy Winehouse, Ed Sheeran. Morceaux actuels et standards indémodables pop-rock rythmeront leurs passages.

Mais aussi…

En résonance avec les travaux réalisés par les collégiens de Paul-Dangla, la plasticienne Lucile Moreau animera tout au long de la soirée, à partir de 21 heures, salle Idrac, un atelier de gravure en taille-douce (accessible dès 7 ans).

Nathalie Lacroix déambulera dans le musée de 21 heures à minuit afin de proposer aux visiteurs des zooms de dix minutes sur des œuvres. « Le musée, ce n’est pas à nous, a déclaré la médiatrice culturelle. C’est votre musée. C’est un échange, un partage. On conserve. On transmet ! »

À l’instar d’un vase signé Emile Gallé, sorti des réserves, « il est intéressant de montrer des œuvres insolites, d’expliquer le fonctionnement des dépôts du Louvre, estime Adrien Enfedaque. Le but est que les visiteurs comprennent le fonctionnement du musée. » Des membres de l’association Arimage « Les Amis du Musée d’Agen » pourront échanger aussi avec le public.

Le musée des Beaux-Arts d’Agen a le sourire : l’exposition immersive, ludique et écoresponsable de Jessie Désolée intitulée  « Le Club des Monstres » a joyeusement « effrayé » 3 000 visiteurs et 882 ont été accueillis par le jeune médiateur Julien Darme, dans le cadre scolaire et périscolaire.

Le musée d’Agen accueille, jusqu’au 31 mai prochain, Julie Martin, une jeune stagiaire, licenciée en Sciences archéologiques.  

Mais ce haut-lieu culturel Agenais n’a pas encore dévoilé tous ses secrets et prépare, pour la période estivale, une exposition sur « les 150 ans de l’impressionnisme », l’occasion de (re) découvrir des artistes comme Alfred Sisley, Camille Corot, Francis Picabia, Nicolae Grigorescu ou Eugène Boudin.

Le musée des Beaux-Arts d’Agen prépare, pour samedi, des « oreillers » de surprises graphiques, picturales et musicales pour envelopper vos regards de merveilleux et d’admiration. Alors, vous venez ?

*réplique « La Nuit au musée » de Theodore Roosevelt à Larry Daley

Informations pratiques

Le musée des Beaux-Arts d’Agen sera fermé au public toute la journée du 18 mai et n’ouvrira ses portes qu’à 20 heures jusqu’à minuit. Entrée gratuite pour tous.

Le musée ouvrira ses portes dimanche 19 mai uniquement l’après-midi de 14 heures à 18 heures.

 

Véronique David

Journaliste
Après un diplôme de psychologie et un DU de Japonais, j’ai préparé un diplôme de Naturopathie-homéopathie avec la faculté Libre de Médecine Naturelle et d’Ethnomédecine de Paris XV ainsi qu’une formation de correctrice avec le Centre d’Écriture et de Communication de Paris V qui m’a aussi formée aux techniques journalistiques. Dans le même temps, j’ai rédigé des articles pour différents journaux et administrations (Mairie d'Agen, Conseil départemental de Lot-et-Garonne, Actif Formation...). J’ai aussi travaillé au sein de divers organismes (Caf, Pôle Emploi, ODAC, MEDEF, ENAP…) dans le domaine du secrétariat et préparé une formation de praticienne en coaching de Vie. Dans un tout autre domaine, je suis officier de réserve citoyenne dans l’Armée de Terre depuis une dizaine d’années. J’ai appris au fil du temps que « toutes les batailles de la vie nous enseignent quelque chose, même celles que nous perdons » (Paulo Coelho). Rêvons en grand, soyons audacieux et bâtissons l’impossible !

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